05.11.2008
Nous sommes à quelques heures du vote des militants
C’est à ce congrès que nous devons réunir les conditions pour être efficaces dans l’opposition à Nicolas Sarkozy et à la droite, et pour travailler à l’alternative indispensable en 2012.
Les socialistes mesurent la gravité de la crise qui avait commencé en France avant la crise financière, et dont le premier responsable est au pouvoir depuis 2002. Ils veulent que leur parti soit de nouveau en ordre de marche et, pour la première fois depuis le congrès d’Epinay, en 1971, ils doivent arrêter un choix qui porte à la fois sur une orientation politique, une stratégie d’alliances, une équipe et un premier secrétaire.
Leur responsabilité est donc importante parce que c’est dès le 6 Novembre que leur choix déterminera toute la suite.
I) Avec Bertrand Delanoë et tous les signataires de notre motion, nous avons fait le choix de la clarté, de la cohérence et de la crédibilité pour redonner de la force au Parti socialiste et un espoir à la France.
La crise qui se propage à toute l’économie et au social montre, à l’évidence, les dégâts que cause le capitalisme financier et sa recherche du profit immédiat au détriment des besoins humains, sociaux et environnementaux. Elle valide le fondement du socialisme réformiste et de l’engagement européen dont nous sommes porteurs : l’économie de marché, livrée à elle même, sans régulations fortes, crée des richesses mais ne les redistribue pas, ne produit pas de justice sociale et aggrave la crise environnementale. Plus que jamais nous avons besoin de la puissance publique pour assurer la régulation de l’économie, la redistribution des richesses, la cohésion sociale et le développement durable. Et nous en avons besoin non seulement à l’échelle nationale, mais de plus en plus à l’échelle européenne et internationale.
C’est l’orientation que porte la motion A dont le premier signataire est Bertrand Delanoë : le réformisme assumé, l’efficacité de gauche au service du progrès social, un socialisme européen et écologiste qui promeut un nouveau modèle de développement qui concilie croissance, innovation, recherche avec justice sociale et développement durable.
Plus que jamais, dans la situation très dure que connaît notre pays, aggravée par la politique du pouvoir, qui a asséché les moyens de l’Etat et s’attaque aux droits sociaux et aux services publics (avec la baisse des moyens de l’Education nationale, des hôpitaux, la privatisation de la Poste), les Français ont besoin d’un parti socialiste fort, cohérent et responsable. D’une opposition efficace et utile qui les défende fermement dès aujourd’hui et bâtisse un projet ambitieux et crédible pour 2012.
Un Parti socialiste qui tienne un discours de responsabilité et d’exigence face au pouvoir, ce qui ne signifie pas tomber dans la démagogie ou la surenchère avec l‘extrême gauche, au risque d’être, demain, incapables de présenter un projet attractif et réalisable. Un discours de vérité et d’espoir pour parler aux Français et agir dans l’opposition jusqu’en 2012 comme nous le ferons après si nous revenons au pouvoir.
Quelques propositions :
• Renflouer les caisses que le pouvoir a vidées : suppression du paquet fiscal et de la plupart des niches fiscales, taxation des stock-options, présence de l’Etat dans les banques renflouées, présentation d’un autre budget 2009, soutien aux collectivités locales pour leur permettre d’agir contre les inégalités et pour investir.
• Priorité absolue à l’investissement dans la recherche, l’innovation, la formation et le soutien aux PME parce que c’est le seul moyen de créer les emplois, de relancer la croissance.
• Agir conjointement pour le pouvoir d’achat et pour l’investissement qui sont les deux moteurs de la croissance. Nous voulons conditionner les exonérations de charges des entreprises à la conclusion d’accords salariaux, alors que le pouvoir méprise les partenaires sociaux, la revalorisation du SMIC.
• Bâtir un Etat social prévoyant, anticipateur, qui oriente les politiques publiques vers l’éducation, la formation tout au long de la vie, le logement, la santé, la culture, la prise en charge du vieillissement.
• Construire un nouveau mode de développement résolument écologique. Nous devons désormais être pleinement socialistes ET écologistes.
• Relancer et réorienter l’Europe : la gauche européenne doit porter, dès les élections de juin 2009, l’exigence d’un véritable gouvernement économique qui impose des règles financières, la suppression des paradis fiscaux, mais aussi un plan de relance concerté, à travers un emprunt européen de 100 milliards d’Euros ciblé sur les secteurs stratégiques, et une Europe sociale avec un protocole garantissant le maintien des droits sociaux les plus élevés et une directive de protection des services publics en Europe.
II) Nous voulons le rassemblement des socialistes dans la clarté et dans le respect des militants.
Notre motion rassemble dores et déjà des militants aux parcours très divers au sein du parti socialiste, mais qui partagent aujourd’hui un objectif fondamental : remettre le Parti socialiste en ordre de marche, sur une orientation cohérente, lui redonner fierté et crédibilité, préparer les conditions d’une victoire de la gauche en 2012.
Nous sommes la seule motion dont les signataires ne jouent pas et n’ont pas joué avec le respect des militants et des décisions prises.
Pour que les militants puissent choisir en toute connaissance de cause, nous avons mis toutes les cartes sur la table : une orientation ; une stratégie d’alliances ancrée à gauche qui ne laisse planer aucune ambiguïté sur le MODEM ; un parti de militants,profondément renouvelé dans son fonctionnement, effectivement paritaire dans ses instances ; un programme de travail concret et complet qui sera mis en œuvre tout de suite et qui revalorise le rôle des militants, qui nous ouvre sur la société ; ET un candidat au poste de Premier secrétaire pour animer le travail collectif des trois années à venir.
Par respect pour les militants et pour la vérité, le premier signataire de notre motion, Bertrand Delanoë, est candidat pour être le premier des militants, s’ils le décident le 6 Novembre.
Et c’est bien par leur vote dès le 6 novembre que les militants peuvent en décider, car au parti socialiste, on désigne un premier secrétaire en lien avec une orientation dont il est porteur.
Nous souhaitons que Bertrand Delanoë soit le prochain premier secrétaire parce que nous lui faisons confiance pour diriger le parti socialiste, rassembler tous les socialistes au lendemain du congrès et les faire travailler ensemble.
Nous souhaitons qu’il soit le prochain premier secrétaire parce qu’il est préparé à diriger le parti socialiste, parce qu’il porte une orientation cohérente, parce qu’il dispose d’ores et déjà de la crédibilité nécessaire auprès des Français pour le représenter, parce que c’est un militant expérimenté qui sait rassembler la gauche, qui aime le travail collectif et le débat, et qui a l’autorité nécessaire pour faire respecter les décisions des militants.
Nous portons la culture d’un Parti qui doit être ferme dans l’opposition et riche d’un projet crédible et opérationnel pour gouverner la France. Nous refusons la démagogie. Nous choisissons le respect de la démocratie interne. Nous n’avons pas honte de notre histoire. Elle est imparfaite mais elle est belle. Le PS compte de nombreux talents, des femmes et des hommes d’Etat et pour mériter d’écrire la suite, ils ne doivent pas commencer par s’excuser d’être socialistes. La modernité c’est aussi la fidélité.
Conclusion
Le 6 Novembre, seul le vote massif des militants pour la motion A permettra de structurer le rassemblement indispensable des socialistes autour d’une orientation cohérente et assurera qu’aucune combinaison d’appareil ne détourne l’expression souveraine des adhérents.
Nous mettons notre énergie au service du renouvellement des idées et des méthodes pour que les Français se remettent à croire en la force de la gauche, pour la victoire en 2012.
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